Mieux diagnostiquer l’amylose cardiaque ATTR chez les femmes
Comprendre les spécificités féminines pour réduire le retard diagnostique
L’amylose cardiaque à transthyrétine, appelée amylose ATTR, peut toucher aussi bien les femmes que les hommes. Chez les femmes, elle est toutefois souvent diagnostiquée plus tard, car les signes peuvent être plus discrets ou confondus avec ceux du vieillissement normal.
Le risque d’amylose ATTR augmente avec l’âge, en particulier après 65–70 ans. Mieux connaître les signes spécifiques chez les femmes permet de demander plus tôt un dépistage et d’améliorer la prise en charge.
Pourquoi l’amylose ATTR est-elle moins identifiée chez les femmes ?
Chez les femmes, la maladie peut se manifester différemment sur le plan cardiaque :
- L’épaississement du muscle cardiaque est parfois moins marqué que chez les hommes, ce qui rend l’amylose plus difficile à repérer à l’échographie.
- La force de contraction du cœur peut rester longtemps normale, donnant une impression rassurante alors que la maladie progresse.
Pour ces raisons, des examens plus spécifiques sont parfois nécessaires afin d’identifier la maladie.
Un phénotype cardiaque parfois différent chez les femmes
Même un épaississement modéré des parois du cœur peut être significatif chez une femme. L’analyse fine du mouvement du muscle cardiaque peut montrer un aspect particulier évocateur d’amylose.
La scintigraphie osseuse permet de visualiser les dépôts d’amylose. Chez les femmes, la fixation du traceur peut être plus discrète, ce qui nécessite une interprétation experte et une mise en perspective avec les autres signes cliniques.
Repérer plus tôt la maladie grâce à l’outil R’EPOF
Pour aider au repérage précoce de l’amylose ATTR, un outil simple peut être utilisé : R’EPOF.
- R – Atteintes rhumatologiques précoces : canal carpien, raideur du dos, canal lombaire étroit, rupture du tendon du biceps. Ces signes peuvent apparaître plusieurs années avant les symptômes cardiaques.
- E – Essoufflement inexpliqué lors d’efforts simples ou habituels.
- P – Prise de poids rapide, liée à une rétention d’eau.
- O – Œdèmes, c’est-à-dire gonflement des jambes et des chevilles.
- F – Fatigue inhabituelle et persistante, très fréquente chez les femmes et parfois premier signe de la maladie.
Lorsque plusieurs de ces signes apparaissent après 65 ans, il est important d’en parler à un médecin. Celui-ci pourra proposer des examens simples pour rechercher une amylose cardiaque.
Le rôle de la prise de sang : la troponine
La prise de sang peut également apporter des éléments utiles. Un marqueur appelé troponine, utilisé pour surveiller le cœur, peut être légèrement élevé chez certaines femmes atteintes d’amylose, même en l’absence de crise cardiaque.
- Une troponine élevée associée à une fatigue importante ou à un essoufflement peut constituer un signal d’alerte.
- À l’inverse, une troponine normale n’élimine pas totalement la maladie, mais peut aider à en apprécier la sévérité.
Autres manifestations utiles pour orienter le diagnostic
Certaines manifestations non cardiaques peuvent renforcer la suspicion d’amylose ATTR, en particulier lorsqu’elles sont associées à des symptômes cardiaques :
- canal carpien,
- neuropathie des mains ou des pieds,
- raideur du dos,
- fatigue importante et durable.
Pris ensemble, ces signes peuvent aider les médecins à envisager plus tôt le diagnostic.
Mieux dépister pour mieux reconnaître la maladie chez les femmes
Les femmes peuvent être touchées autant que les hommes, parfois différemment, mais longtemps moins reconnues. Grâce à un meilleur dépistage et à une meilleure compréhension des signes féminins, il est désormais possible d’identifier la maladie plus tôt et d’améliorer la qualité de vie des patientes.